news

Ousmane Sonko: le gardien d’une révolution civique et le visage d’une souveraineté assumée

Ousmane Sonko, le président du Parti Pastef/ les Patriotes est sans nul doute l’homme politique de ce siècle le plus en vue pour son courage et sa clairvoyance politique. Une fierté pour le continent africain.

*Ousmane SONKO : le gardien d’une révolution civique et le visage d’une souveraineté assumée*

 

Pour une large partie de l’opinion sénégalaise, ouest-africaine et panafricaine, Ousmane SONKO n’est plus seulement un opposant historique devenu chef du Gouvernement. Il est désormais l’un des noms autour desquels se redéploie l’imaginaire politique africain de la souveraineté. Président du PASTEF – Les Patriotes, Premier ministre du Sénégal depuis le 2 avril 2024, figure centrale de la séquence qui a porté Bassirou Diomaye Diakhar FAYE à la magistrature suprême dès le premier tour, puis qui a conduit le PASTEF à une majorité éclatante de 130 députés, SONKO est devenu, pour beaucoup, le point de jonction entre la rupture espérée et la rupture organisée.

Né à Thiès, ayant grandi en Casamance, formé à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis avant d’intégrer l’École Nationale d’Administration (ENA) du Sénégal, section Impôts et Domaines, il réunit dans son parcours le territoire, le droit, l’Administration et l’État.

 

Il faut mesurer ce que cela signifie. Peu de responsables africains ont réussi, en si peu de temps, à transformer une énergie militante, une demande populaire de dignité et une contestation du statu quo en architecture de pouvoir, en méthode gouvernementale et en cap stratégique. C’est là que SONKO intrigue, fascine ou dérange. Il demeure, pour beaucoup, une énigme politique : comment un homme aussi frontal a-t-il pu convertir l’épreuve en légitimité, la légitimité en victoire, puis la victoire en capacité d’État ?

Cette ascension ne relève pas du hasard. Elle procède d’un travail long, idéologique et organisationnel. Le PASTEF, fondé en janvier 2014 autour d’Ousmane SONKO, avec les pionniers et d’autres cadres, fonctionnaires, syndicalistes et militants patriotes, s’est construit sur une grammaire claire : souveraineté, justice, reddition des comptes, transformation structurelle et refus des dépendances installées. Quant à Bassirou Diomaye FAYE, il a été l’un des compagnons stratégiques les plus importants de cette aventure, avant de devenir le candidat victorieux que SONKO a soutenu, porté et structuré politiquement.

Mais la vraie force de SONKO tient à une autre dimension : il ne s’est pas contenté de conquérir ; il a commencé à imprimer une ligne. Très tôt, il a posé la question des bases militaires étrangères sur le sol sénégalais, en mettant en cause leur compatibilité avec la souveraineté nationale. Cette ligne a ensuite été clairement assumée au sommet de l’État, puis concrètement suivie d’effet, jusqu’au retrait définitif de la présence militaire française en 2025. De même, sur les contrats stratégiques, il a choisi de poser le débat sur l’équité, la transparence et l’intérêt national, en particulier dans les secteurs pétrolier, gazier et minier.

Cette posture n’est pas qu’un geste symbolique. Elle s’inscrit dans un projet plus large : remettre le Sénégal au centre de ses propres décisions. C’est dans ce cadre qu’il faut lire l’arrimage de l’action publique au référentiel Sénégal 2050 et au Master Plan 2025-2034, première grande déclinaison opérationnelle de cette vision. Ici, SONKO n’est pas simplement dans la parole de rupture ; il tente d’inscrire la rupture dans un calendrier, une méthode, un financement et une discipline d’exécution chronologique.

Les résultats déjà enregistrés nourrissent cette image de dirigeant d’impact. Le gouvernement a engagé dès juin 2024 une baisse des prix sur plusieurs produits de grande consommation, puis une autre phase de baisse sur certaines denrées. Le prix du riz ordinaire, par exemple, a été revu à la baisse à Dakar en avril 2025. En décembre 2025, les prix du supercarburant et du gasoil ont également reculé. Pris ensemble, ces signaux ont renforcé l’idée d’un pouvoir qui cherche à agir directement sur le panier de la ménagère, le coût du transport, l’activité économique et les charges des ménages.

Sur le terrain productif, le volontarisme est tout aussi lisible. Les autorités ont documenté des économies substantielles sur les engrais, une hausse des volumes mis à disposition des producteurs, un effort historique de financement agricole et une accélération des dispositifs de souveraineté alimentaire. La campagne arachidière, la mise à disposition d’urée et l’objectif relevé pour les achats de la SONACOS ont consolidé l’image d’un pouvoir qui veut remettre l’agriculture au centre de la dignité économique nationale.

Il faut également regarder la manière dont SONKO articule souveraineté et financement. Sous cette séquence politique, l’État du Sénégal a multiplié les appels publics à l’épargne comme instruments de financement endogène. Les APE de 2025 et du premier trimestre 2026 ont montré une capacité réelle à mobiliser l’épargne nationale, sous-régionale et diasporique autour de l’effort de transformation. Cette dynamique renforce l’image d’un camp politique qui ne veut pas seulement dénoncer la dépendance, mais bâtir des marges de manœuvre nouvelles.

La mise en œuvre efficiente du plan DIOMAYE pour la Casamance à faciliter le retour de plusieurs populations dans leurs villages natals avec accompagnement. Les récents accords avec les différents syndicats des transports et des enseignants est une parfaite illustration de l’engagement du Gouvernement à pacifier et à valoriser le monde du travail. Le relèvement du RNU et la relance du paiement des bourses familiales malgré une conjoncture économique difficile prouve à suffisance la volonté de l’État de placer le social au cœur des politiques publiques.

La dimension continentale de SONKO s’est encore affirmée lors de la conférence de Dakar du 9 avril 2026, aux côtés de Pascal BONIFACE, autour du thème de l’autonomie, du patriotisme et du monde multipolaire. Son intervention y a consolidé une image déjà installée : celle d’un responsable africain qui parle sans complexe de souveraineté, de responsabilité, d’exemplarité des élites et de transformation structurelle. Le fait qu’il figure parmi les vingt portraits du livre Les Maîtres du monde a donné à cette séquence une résonance supplémentaire.

Pour ses partisans, il est le Guide de la Révolution. Par ses propres mots, il s’est défini comme le Gardien de cette révolution. Cette double lecture – guide pour les siens, gardien dans sa propre formulation – dit bien ce qui se joue autour de sa personne : une fonction politique qui dépasse la technicité gouvernementale pour toucher à la psychologie collective d’un peuple, à sa fierté et à son désir de relèvement.

À l’horizon 2030, si la dynamique engagée est tenue, SONKO pourrait apparaître comme l’homme qui aura stabilisé une doctrine sénégalaise de la souveraineté utile : une souveraineté qui ne se contente pas de symboles, mais protège le pouvoir d’achat, soutient la production, sécurise les finances et réorganise l’État. À l’horizon 2035, dans la logique du Master Plan, sa marque pourrait se mesurer à la profondeur de la transformation productive, industrielle, agricole, logistique et numérique. Et à l’horizon 2050, si la promesse est menée à terme, son nom pourrait rester attaché à cette idée simple mais rare : avoir contribué à remettre le Sénégal debout, maître de ses ressources, plus juste dans sa répartition et plus ambitieux dans sa place africaine et mondiale.

Sans confondre les époques ni les contextes, certains de ses soutiens voient déjà dans sa posture un écho contemporain aux grandes figures africaines qui ont lié dignité, souveraineté et réveil des consciences. Ce parallèle doit être manié avec mesure. Mais il dit quelque chose d’essentiel : SONKO n’est plus perçu seulement comme un acteur sénégalais. Pour beaucoup, il est devenu un test africain. Savoir s’il est encore possible, au XXIe siècle, de gouverner un pays africain en parlant haut, en assumant la souveraineté et en cherchant à convertir cette souveraineté en résultats, sans paraître autarcique.

 

*Matar SÈNE membre fondateur du parti politique PASTE


F- les patriotes.*

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page