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Politique: ce que le Sénégal traverse aujourd’hui n’a rien d’une crise au sens dramatique du terme

Tidiane Sarr a fait une analyse lucide de la situation politique que traverse le Sénégal notamment entre le President Bassirou D Faye et son premier ministe Ousmane Sonko. Il dédramatise.

Je comprends les appréhensions de ceux qui redoutent une période de turbulence. Mais soyons lucides : ce que le Sénégal traverse aujourd’hui n’a rien d’une crise au sens dramatique du terme. C’est une mise au clair, une séparation assumée entre deux visions irréconciliables : celle de la restauration et celle de la transformation. Entre ceux qui veulent renouer avec les réflexes du passé et ceux qui veulent enfin mener à terme la promesse de rupture faite au peuple.

 

Regardons les faits avec calme mais fermeté. La légitimité politique ne se décrète pas, elle découle du vote. Or la majorité actuelle appartient sans équivoque à la coalition patriote conduite par Ousmane Sonko. Ce n’est pas un détail : c’est la traduction directe de la volonté populaire. Un régime semi-présidentiel ne tient que s’il y a cohérence entre le président et la majorité parlementaire. Si cette cohérence disparaît, la logique démocratique veut que le centre de gravité du pouvoir revienne là où il est légitime : au Parlement, expression du suffrage universel. Ce n’est donc pas une rupture brutale, mais un rééquilibrage politique fondé sur la clarté et la responsabilité.

 

Plutôt que d’en avoir peur, il faut le présenter au peuple comme une chance historique. Une occasion de dire enfin les choses telles qu’elles sont. D’un côté, une gouvernance claire, fondée sur la transparence et la cohérence ; de l’autre, les vieilles manœuvres d’un système qui n’a jamais accepté de céder la place. Nous ne cherchons pas la confrontation pour elle-même : nous cherchons la cohérence. Oui, il y aura des résistances, des débats, des tensions. C’est le prix de toute transition honnête et durable. Mais ces frictions sont le signe d’une démocratie vivante, pas d’une crise.

 

Le cœur du processus, c’est le peuple. Ousmane Sonko n’oppose pas des camps : il éclaire des choix. Il appelle à la lucidité collective, à la mobilisation citoyenne, à la responsabilité partagée. Ce qu’il propose, c’est une pédagogie du courage politique. La révolution qu’il incarne n’est pas celle d’un homme seul, encore moins d’un clan ; c’est celle d’une génération qui veut que les institutions cessent d’être des instruments pour redevenir des biens communs.

 

Alors, au lieu de céder à la peur, faisons œuvre de clarté. Transformons l’inquiétude en conscience politique. Acceptons les défis, assumons les tensions, gardons le cap. Le peuple sénégalais a prouvé qu’il sait discerner l’essentiel. Il saura, une fois encore, se tenir du bon côté de l’histoire : celui de la souveraineté, de la vérité et de la justice.

 

Tidiane Sarr

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